La Hongrie a évité l’arrêt complet de Paks, son unique centrale nucléaire, malgré un niveau historiquement bas du Danube. Le site, situé au sud de Budapest, fonctionne à puissance réduite depuis plusieurs jours, dans un contexte de canicule persistante et de déficit prolongé de précipitations en Europe centrale.
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Paks réduit sa production après un Danube historiquement bas
La centrale de Paks, construite à l’époque soviétique, occupe une place centrale dans le système électrique hongrois. Ses quatre réacteurs assurent environ 40% de la production annuelle d’électricité du pays. Leur refroidissement dépend directement de l’eau pompée dans le Danube, dont le niveau a atteint des seuils critiques après plusieurs semaines de chaleur extrême.
Dimanche, le Premier ministre Péter Magyar avait annoncé la mise à l’arrêt d’une nouvelle unité de production, laissant craindre une fermeture totale du site pour la première fois en quarante-quatre ans. Lundi 3 août 2026, il a indiqué que la centrale restait opérationnelle, mais avec une puissance fortement réduite. Selon les éléments communiqués, la production pouvait descendre autour de 240 mégawatts, très loin de son niveau habituel.
Cette décision vise à préserver les marges de sûreté tout en évitant une rupture brutale de l’approvisionnement national. Dans une centrale nucléaire refroidie par fleuve, l’exploitant doit tenir compte de deux contraintes simultanées: le débit disponible pour les installations et la température de l’eau rejetée dans le milieu naturel. Lorsque le fleuve baisse, la capacité à évacuer la chaleur produite par les réacteurs se réduit mécaniquement.
Le gouvernement hongrois a privilégié une baisse progressive de puissance plutôt qu’un arrêt immédiat de l’ensemble du parc. Ce choix permet de limiter le recours aux importations d’électricité, souvent plus coûteuses lors des pics de demande estivale. La manœuvre dépend néanmoins de l’évolution du débit du Danube et des températures dans les prochains jours, avec une production réduite susceptible de durer jusqu’au début de la semaine prochaine.

La crise hongroise ne se limite pas à un épisode national. En Roumanie, la centrale nucléaire de Cernavoda, elle aussi refroidie par les eaux du Danube, subit des contraintes comparables. Les autorités roumaines ont déjà arrêté l’un des réacteurs du site et renforcé leurs mesures pour maintenir un niveau d’alimentation électrique suffisant.
Lundi, une explosion contrôlée a été menée sur des rochers afin d’améliorer le passage de l’eau vers les prises utilisées par la centrale. Cette intervention illustre la pression exercée sur les infrastructures énergétiques lorsque les fleuves deviennent trop bas pour assurer pleinement leur rôle industriel. Le gouvernement roumain a aussi augmenté ses importations d’électricité et demandé à certaines entreprises de réduire leur consommation.
Ces décisions montrent la dépendance persistante de plusieurs centrales européennes à l’hydrologie des grands cours d’eau. Le nucléaire fournit une production stable en temps normal, mais son refroidissement reste exposé aux sécheresses, aux vagues de chaleur et aux faibles débits. La France a déjà connu des baisses de puissance sur certains réacteurs lors d’épisodes de chaleur, avec des contraintes similaires sur les rejets thermiques et les niveaux de rivières.
Pour la Hongrie, l’enjeu est immédiat. Une fermeture complète de Paks obligerait le pays à acheter davantage d’électricité sur un marché régional déjà tendu. Pour la Roumanie, la protection de Cernavoda répond au même impératif: éviter une baisse trop forte de production au moment où la climatisation et les usages industriels soutiennent la demande. Le Danube devient, de fait, un indicateur stratégique pour la sécurité énergétique de l’Europe centrale.

Questions fréquentes
- Pourquoi Paks dépend-elle du Danube ?
- Les réacteurs de Paks utilisent l’eau du Danube pour évacuer la chaleur produite lors de la génération d’électricité. Quand le niveau du fleuve baisse fortement, la centrale doit réduire sa puissance pour respecter les limites de sûreté et les règles environnementales.
- La centrale hongroise a-t-elle été totalement arrêtée ?
- Selon les dernières informations disponibles, la Hongrie a évité l’arrêt complet de Paks. Le site fonctionne à puissance réduite après la mise à l’arrêt ou la baisse de charge de plusieurs unités.
- Pourquoi Cernavoda est-elle concernée en Roumanie ?
- Cernavoda utilise aussi les eaux du Danube pour son refroidissement. La faiblesse du débit a conduit les autorités roumaines à arrêter un réacteur, à renforcer les importations d’électricité et à mener des travaux pour améliorer l’accès à l’eau.
À retenir
- Paks reste en service, mais avec une production fortement réduite.
- Le Danube au plus bas fragilise le refroidissement des réacteurs.
- Cernavoda subit des contraintes comparables en Roumanie.
- Les importations d’électricité peuvent augmenter si la sécheresse dure.
Sources
- La Hongrie maintient Paks en service malgré la baisse du Danube
- Hungary Cuts Nuclear Output at Paks Plant Amid Danube Drought | energynews.pro
- Sécheresse en Hongrie : la centrale nucléaire de Paks évite une fermeture totale
- Canicule et Danube au plus bas: la Hongrie forcée d'arrêter l'unique centrale nuclaire du pays, une première en 44 ans
- Hongrie : l'unique centrale nucléaire arrêtée à cause du Danube sec | RTS




