Avec trente millions de séjours, douze milliards d’euros de retombées économiques et 142 000 emplois, le tourisme pèse 9 % de l’économie marchande en Nouvelle-Aquitaine, selon Revue Espaces. Pour une région exposée aux tensions sur l’eau, aux émissions liées aux déplacements et à la saturation de certains sites, l’enjeu est de décarboner sans casser l’activité.
La stratégie régionale s’organise autour d’une idée simple, mais difficile à exécuter: faire évoluer le modèle touristique sans le réduire à un argument marketing. Traduction: agir sur les infrastructures (mobilités, hébergements), sur les pratiques professionnelles, et sur la manière de raconter la destination. C’est ce que décrivent la feuille de route Néo Terra et la stratégie nouveaux récits mises en avant par Revue Espaces, complétées par la feuille de route Tourisme durable adoptée par la Région en séance plénière le 27 mars 2023, d’après le site Entreprises de la Région Nouvelle-Aquitaine.
Sommaire
- 1 Néo Terra: concilier croissance économique, transition écologique et inclusion sociale
- 2 La feuille de route Tourisme durable adoptée le 27 mars 2023
- 3 Mobilités 2024-2027: l’écomobilité comme levier de décarbonation
- 4 Nouveaux récits: changer la demande autant que l’offre
- 5 Ce que dit l’étude sur le tourisme durable: motivations et représentations
- 6 Écotourisme: une vitrine ancienne, mais un risque de greenwashing
- 7 Un tourisme à 9 % de l’économie marchande: la transition comme politique industrielle
- 8 FAQ
- 9 Questions fréquentes
- 10 À retenir
- 11 Sources
Le cadre politique que la Région met en avant s’appuie sur Néo Terra, présenté comme une feuille de route visant à promouvoir un modèle de développement durable en conciliant croissance économique, transition écologique et inclusion sociale, selon Revue Espaces. Sur le papier, l’équation ressemble à un triple objectif classique. En pratique, elle sert de cahier des charges: chaque action touristique est censée pouvoir se relier à ces trois axes, ce qui évite de traiter la durabilité comme un simple volet environnemental.
Ce point compte, car le tourisme durable se joue autant dans la conception des offres que dans leur distribution. Une analogie technique aide à comprendre: c’est comme optimiser un système informatique. Réduire la consommation énergétique d’un serveur sans revoir le logiciel peut déplacer le problème (goulots d’étranglement, surconsommation ailleurs). Dans le tourisme, améliorer un hébergement sans agir sur les trajets peut laisser intacte la plus grosse part des émissions d’un séjour. Néo Terra se présente comme un cadre transversal pour éviter ces optimisations locales qui n’améliorent pas le système global.
Revue Espaces décrit aussi une stratégie régionale structurée en dossiers, dont un consacré à une transition écologique engagée. L’idée affichée: concilier développement économique, protection de l’environnement et inclusion sociale. En clair, la Région cherche à faire coexister attractivité et sobriété, ce qui suppose d’agir sur des paramètres concrets: saisonnalité, répartition des flux, accès aux sites, et capacité des territoires à absorber la fréquentation.
La feuille de route Tourisme durable adoptée le 27 mars 2023
Le virage n’est pas seulement narratif. D’après le site Entreprises de la Région Nouvelle-Aquitaine, la collectivité a adopté sa feuille de route Tourisme durable en séance plénière le 27 mars 2023. Le signal politique est important: une feuille de route votée engage l’institution, structure des priorités et donne un cadre aux dispositifs d’accompagnement des professionnels.
Ce type de document joue un rôle proche d’une architecture logicielle. Sans architecture, chaque équipe développe son module, avec des effets de bord et des incohérences. Avec une architecture, on peut imposer des interfaces, des standards, des critères de compatibilité. Transposé au tourisme, une feuille de route aide à aligner les actions des acteurs publics, des offices, des hébergeurs, des transporteurs, des gestionnaires de sites et des filières (hôtellerie-restauration, plein air, tourisme social).
Le site Interfilière Tourisme Durable met justement en avant un périmètre de mise en œuvre en Nouvelle-Aquitaine incluant tourisme social, hôtellerie-restauration et hôtellerie de plein air. Ce point est moins anodin qu’il n’y paraît: ces segments n’ont pas les mêmes contraintes techniques. L’hôtellerie-restauration se heurte vite à la question des achats, du gaspillage et de l’énergie. L’hôtellerie de plein air a des enjeux d’emprise au sol, de gestion de l’eau et de biodiversité. Le tourisme social pose directement la question de l’accès, donc de l’inclusion que la Région place dans ses objectifs.
Mobilités 2024-2027: l’écomobilité comme levier de décarbonation
La mobilité est souvent le gros morceau de la décarbonation touristique, parce qu’elle conditionne l’empreinte d’un séjour. Revue Espaces indique que le CRT Nouvelle-Aquitaine s’est doté d’une feuille de route dédiée aux mobilités, dont le déploiement est annoncé sur la période 2024-2027. Le choix du calendrier et d’un document spécifique est un indice: la Région et son comité régional du tourisme traitent la mobilité comme un chantier à part entière, pas comme une simple recommandation.
Étape par étape, la logique d’ écomobilité appliquée au tourisme revient à agir sur trois niveaux:
1) Avant le séjour: rendre les alternatives à la voiture plus lisibles, plus simples à réserver, plus cohérentes avec les horaires et les correspondances. C’est la couche interface utilisateur du système touristique.
2) Pendant le séjour: permettre de se déplacer sans voiture une fois arrivé, avec des solutions locales (transports collectifs, vélo, marche), et une information fiable. C’est la couche réseau local: si elle est faible, l’usager revient à la voiture.
3) Après le séjour: capitaliser sur l’expérience pour que les pratiques changent durablement, via des retours, des labels, des récits et des offres qui rendent la sobriété désirable. C’est la couche apprentissage: sans elle, chaque séjour recommence à zéro.
Sur le papier, l’écomobilité est séduisante. En pratique, elle bute sur des contraintes physiques: distances, relief, météo, densité de population, fréquence des transports. C’est là que l’action publique peut faire la différence, en coordonnant acteurs et territoires. Le fait que le CRT annonce une feuille de route 2024-2027, selon Revue Espaces, montre une volonté d’inscrire ce chantier dans la durée.
Nouveaux récits: changer la demande autant que l’offre
La durabilité ne se joue pas seulement dans les coulisses techniques. Revue Espaces consacre un dossier à Vers de nouveaux récits, signe que la Région veut aussi agir sur l’imaginaire touristique. L’objectif implicite: déplacer la valeur perçue d’un séjour. Si la valeur est associée uniquement à la vitesse, à l’accumulation d’activités et à la consommation d’espace, la trajectoire carbone et la pression sur les milieux restent difficiles à contenir.

Un récit touristique, ce n’est pas un slogan. C’est un ensemble de choix: ce que les campagnes mettent en avant, ce que les offices recommandent, ce que les plateformes promeuvent, et même ce que les professionnels considèrent comme vendable. Traduction: un récit peut rendre acceptable, voire désirable, une pratique plus sobre, comme un séjour plus long, une découverte hors saison, ou des activités moins motorisées.
Le dossier Revue Espaces rappelle le poids économique du secteur en Nouvelle-Aquitaine, avec trente millions de séjours et douze milliards d’euros de retombées. Ce rappel sert aussi un argument: si le tourisme pèse autant, la transition ne peut pas se limiter à quelques niches éco. Elle doit toucher le cœur de marché, ce qui suppose un travail sur la demande. Les nouveaux récits sont un outil pour cela, au même titre que les investissements ou les règles.
Ce que dit l’étude sur le tourisme durable: motivations et représentations
Une étude relayée sous le titre Tourisme durable en Nouvelle-Aquitaine: que dit l’étude met en avant une appétence croissante des touristes pour un tourisme durable, et indique que préserver l’environnement constitue une motivation centrale. Le document évoque aussi des représentations spécifiques du tourisme durable, ce qui compte pour la mise en œuvre: si le public associe la durabilité à une expérience austère ou à une contrainte, l’adoption restera fragile. Si, au contraire, elle est associée à de la qualité (temps, calme, nature, rencontre), l’adhésion devient plus probable.
Ce point rejoint la logique des nouveaux récits: une politique publique peut financer des actions et publier des feuilles de route, mais si le marché ne suit pas, les effets restent limités. À l’inverse, si la demande évolue, elle peut tirer l’offre vers le haut, comme une mise à jour qui pousse tout un écosystème à adopter un nouveau standard.
Écotourisme: une vitrine ancienne, mais un risque de greenwashing
Le site Ecotourisme en Nouvelle Aquitaine indique faire la promotion d’un tourisme plus responsable et durable depuis 2012. L’existence de cette vitrine montre que la région travaille ce sujet depuis plus d’une décennie, au moins sur le plan de la mise en avant des offres.
Mais l’écotourisme est un terrain où le marketing peut prendre le dessus. Dire responsable ne suffit pas, car les impacts se mesurent sur des chaînes complètes: transport, hébergement, alimentation, activités, pression sur les milieux. En clair, une offre peut être verte sur un aspect et problématique sur un autre. C’est comme un appareil annoncé basse consommation: si l’usage réel pousse à multiplier les cycles ou à consommer des consommables, le bénéfice s’érode.
C’est là que l’articulation entre les différents outils mentionnés par Revue Espaces et la Région devient déterminante: Néo Terra pour le cadre global, la feuille de route Tourisme durable votée en 2023 pour l’alignement institutionnel, et une feuille de route mobilités 2024-2027 pour attaquer un poste d’impact majeur. La cohérence entre ces briques conditionne la crédibilité du discours.
Un tourisme à 9 % de l’économie marchande: la transition comme politique industrielle
Quand Revue Espaces rappelle que le tourisme représente 9 % de l’économie marchande en Nouvelle-Aquitaine, la transition change de nature: ce n’est plus un plus environnemental, c’est une forme de politique industrielle territoriale. Les choix de mobilité, d’aménagement, de formation et de promotion peuvent reconfigurer des filières entières, du plein air à la restauration.
Cette lecture aide à comprendre pourquoi la Région insiste sur la conciliation entre croissance économique et transition écologique. Le tourisme n’est pas un secteur isolé: il consomme des ressources, emploie, façonne des paysages, crée des infrastructures, et influence les prix locaux. Une stratégie durable crédible doit donc traiter les externalités, mais aussi la robustesse économique des acteurs, surtout dans les zones où l’activité touristique pèse lourd dans l’emploi.
La question qui reste ouverte est celle de la vitesse de bascule: les feuilles de route fixent une direction, mais l’atterrissage se joue dans des milliers de décisions opérationnelles, et dans l’acceptation par le marché. Le fait que le CRT annonce un déploiement 2024-2027 sur les mobilités, selon Revue Espaces, indique que la Région se donne un horizon de transformation, avec un tempo qui devra composer avec les contraintes de terrain.
FAQ
Qu’est-ce que Néo Terra dans la stratégie touristique régionale?
Selon Revue Espaces, Néo Terra est la feuille de route de la Nouvelle-Aquitaine qui vise à promouvoir un modèle de développement durable en conciliant croissance économique, transition écologique et inclusion sociale, et sert de cadre à la stratégie de tourisme durable.
Quand la Région Nouvelle-Aquitaine a-t-elle adopté sa feuille de route Tourisme durable?
D’après le site Entreprises de la Région Nouvelle-Aquitaine, la feuille de route Tourisme durable a été adoptée en séance plénière le 27 mars 2023.
Que recouvre la feuille de route mobilités 2024-2027 citée par Revue Espaces?
Revue Espaces indique que le CRT Nouvelle-Aquitaine s’est doté d’une feuille de route dédiée aux mobilités, déployée sur la période 2024-2027, avec l’écomobilité comme porte d’entrée vers la décarbonation du modèle touristique.
Pourquoi parler de nouveaux récits pour le tourisme durable?
Selon Revue Espaces, la stratégie régionale inclut un axe nouveaux récits. L’idée est d’influencer la demande en valorisant des pratiques compatibles avec la transition écologique, pas seulement d’ajouter des mesures techniques côté offre.
Quel est le poids économique du tourisme en Nouvelle-Aquitaine?
Selon Revue Espaces, le tourisme en Nouvelle-Aquitaine représente trente millions de séjours, douze milliards d’euros de retombées économiques, 142 000 emplois et 9 % de l’économie marchande.
Questions fréquentes
- Qu’est-ce que Néo Terra dans la stratégie touristique régionale ?
- Selon Revue Espaces, Néo Terra est la feuille de route de la Nouvelle-Aquitaine visant un développement durable conciliant croissance économique, transition écologique et inclusion sociale, et elle sert de cadre à la stratégie de tourisme durable.
- Quand la Région Nouvelle-Aquitaine a-t-elle adopté sa feuille de route « Tourisme durable » ?
- D’après le site Entreprises de la Région Nouvelle-Aquitaine, la feuille de route Tourisme durable a été adoptée en séance plénière le 27 mars 2023.
- Que recouvre la feuille de route mobilités 2024-2027 citée par Revue Espaces ?
- Revue Espaces indique que le CRT Nouvelle-Aquitaine s’est doté d’une feuille de route dédiée aux mobilités, déployée sur la période 2024-2027, avec l’écomobilité comme levier de décarbonation.
- Pourquoi parler de « nouveaux récits » pour le tourisme durable ?
- Selon Revue Espaces, la stratégie régionale intègre un axe « nouveaux récits » pour faire évoluer l’imaginaire et la demande touristique, en cohérence avec la transition écologique.
- Quel est le poids économique du tourisme en Nouvelle-Aquitaine ?
- Selon Revue Espaces, le tourisme en Nouvelle-Aquitaine totalise trente millions de séjours, douze milliards d’euros de retombées économiques, 142 000 emplois et représente 9 % de l’économie marchande.
À retenir
- Selon Revue Espaces, le tourisme en Nouvelle-Aquitaine représente trente millions de séjours, douze milliards d’euros de retombées et 142 000 emplois.
- Revue Espaces indique que Néo Terra cadre une stratégie conciliant croissance économique, transition écologique et inclusion sociale.
- D’après la Région Nouvelle-Aquitaine, une feuille de route « Tourisme durable » a été adoptée le 27 mars 2023.
- Selon Revue Espaces, le CRT Nouvelle-Aquitaine déploie une feuille de route mobilités sur la période 2024-2027.
- Revue Espaces met en avant un axe « nouveaux récits » pour accompagner l’évolution des pratiques touristiques.
Sources
- REVUE-ESPACES | Nouveaux récits pour un tourisme durable en Nouvelle-Aquitaine (2025)
- Tourisme durable en Nouvelle-Aquitaine : que dit l'étude
- Interfilière Tourisme Durable: Accueil
- Tourisme durable : un plan d'actions pour la filière | Entreprises
- Ecotourisme en Nouvelle Aquitaine, la région la plus vaste de France




