Le constructeur chinois BYD a engagé une procédure contre l’internaute Cai Shen Dao, après la publication de tests critiques visant les batteries Blade 2 utilisées dans ses voitures électriques. L’affaire, rapportée par Les Numériques, s’inscrit dans une série d’actions judiciaires menées en Chine contre des créateurs de contenus automobiles accusés de diffuser des affirmations trompeuses.
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BYD poursuit Cai Shen Dao après des tests Blade 2
Le dossier visant Cai Shen Dao porte sur des essais diffusés en ligne et présentés comme une évaluation indépendante des batteries du groupe. D’après les éléments disponibles, l’internaute aurait mis en cause la robustesse de la technologie Blade 2, un composant central dans la communication technique de BYD. Le constructeur conteste le protocole utilisé et estime que les conclusions publiées dépassent le cadre d’un avis personnel.
L’enjeu dépasse la seule querelle entre une marque et un internaute. En Chine, les réseaux sociaux automobiles concentrent une partie importante de l’information consommée par les acheteurs. Une vidéo critique, largement reprise, peut peser sur la perception d’un modèle, d’une plateforme électrique ou d’un organe aussi sensible qu’une batterie.
Les batteries Blade occupent une place particulière dans l’image industrielle du constructeur de Shenzhen. Leur architecture est souvent présentée comme un atout de sécurité et de durabilité, deux critères décisifs pour les clients de véhicules électrifiés. Toute contestation publique de ces performances touche donc un élément stratégique, à la fois technique, commercial et financier.
La procédure pose une question délicate pour le secteur automobile chinois: où s’arrête la critique technique et où commence l’allégation diffamatoire? Les essais indépendants peuvent rendre service aux consommateurs lorsqu’ils sont documentés, reproductibles et contextualisés. Mais une marque peut saisir la justice si elle estime que des conclusions sont présentées comme des faits sans base vérifiable.
Dans ce contexte, l’affaire Cai Shen Dao sert de signal aux vidéastes spécialisés. Tester une batterie, commenter une autonomie ou comparer une promesse commerciale avec un usage réel suppose une méthodologie claire. La pression judiciaire peut réduire les publications les plus approximatives, mais elle risque aussi de freiner certains retours d’expérience utiles aux acheteurs.

Des influenceurs condamnés pour propos jugés trompeurs en Chine
Le cas Cai Shen Dao intervient après plusieurs décisions favorables à BYD contre des comptes automobiles influents. Le compte Tiger Wolf Talks Cars a notamment été condamné à verser 210 000 yuans de dommages et intérêts, soit environ 27 000 euros. Deux autres comptes, Zhengren Talks Cars et Solid-State Batteries Are Here, ont chacun été sanctionnés à hauteur de 100 000 yuans, près de 13 000 euros.
Au total, les sanctions mentionnées atteignent 550 000 yuans, soit environ 71 000 euros. Les contenus visés portaient sur la qualité de véhicules électrifiés, des performances jugées inférieures aux annonces, les chiffres de ventes ou des données financières. Le constructeur affirme que ces publications ne relevaient pas de simples opinions, mais de déclarations factuelles présentées sans preuves suffisantes.
Cette offensive judiciaire arrive au moment où BYD évolue dans un environnement plus difficile sur son marché intérieur. D’après la China Passenger Car Association, le groupe a été dépassé sur les deux premiers mois de 2026 par Geely. Sa part de marché aurait reculé à 20 %, contre 35 % un an plus tôt, sous l’effet de la guerre des prix et de la montée en puissance des gammes hybrides concurrentes.
Le constructeur cherche donc à défendre son image au moment où sa domination chinoise se fragilise. Il a aussi mis en place un programme de récompenses destiné aux personnes capables de documenter des campagnes coordonnées de dénigrement, avec des primes annoncées de 50 000 à 5 millions de yuans. Cette stratégie traduit la sensibilité croissante des marques électriques aux contenus viraux, dans un marché où la confiance technique pèse directement sur les ventes.

Questions fréquentes
- Pourquoi BYD poursuit-il Cai Shen Dao ?
- BYD estime que les tests publiés par Cai Shen Dao sur les batteries Blade 2 présentent des conclusions contestables comme des faits établis. Le constructeur juge que ces contenus portent atteinte à la réputation technique de ses voitures électriques.
- Quels influenceurs automobiles ont déjà été sanctionnés en Chine ?
- Le compte Tiger Wolf Talks Cars a été condamné à verser 210 000 yuans. Zhengren Talks Cars et Solid-State Batteries Are Here doivent chacun payer 100 000 yuans. D’autres comptes ont reçu des amendes comprises entre 55 000 et 85 000 yuans.
- Cette affaire limite-t-elle les critiques sur les voitures électriques ?
- Elle ne supprime pas le droit à la critique, mais elle rappelle qu’un test technique doit être documenté et prudent dans ses formulations. Les créateurs de contenus doivent distinguer clairement une opinion, une mesure et une accusation factuelle.
À retenir
- BYD poursuit Cai Shen Dao après des tests critiques sur les batteries Blade 2.
- Plusieurs comptes automobiles chinois ont déjà été sanctionnés financièrement.
- Les sanctions citées atteignent 550 000 yuans, environ 71 000 euros.
- Le constructeur défend son image dans un marché chinois plus disputé.
Sources
- BYD censure un internaute chinois un peu trop critique de la qualité des …
- BYD s'attaque aux influenceurs qui « mentent » à propos de ses voitures électriques
- LE MALUS SUR LA VOITURE ÉLECTRIQUE ARRIVE !
- BYD, constructeur de voitures électriques chinois, cherche à s’extirper d’un marché intérieur où il a été détrôné
- BYD : la plus grosse ARNAQUE de l'histoire automobile ?




