200 000 panneaux solaires, la moitié de l’énergie sur certains sites, ces toits philippins font fureur face aux factures

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Aux Philippines, la flambée des factures d’électricité et la baisse du prix des équipements accélèrent l’installation de panneaux solaires sur les toits. Le mouvement touche les particuliers, mais aussi les centres commerciaux, dans un pays où la climatisation pèse lourd dans les dépenses des ménages et des entreprises.

SM Group couvre ses centres commerciaux de 200 000 panneaux

La progression se voit d’abord sur les grandes surfaces commerciales, dont les toitures offrent des hectares disponibles sans achat de terrain. Le conglomérat SM Group, poids lourd philippin de la distribution et de l’immobilier, exploite désormais plus de 200 000 panneaux solaires sur ses centres commerciaux. Cette capacité couvre environ la moitié du bouquet énergétique de plusieurs sites du groupe, selon les données communiquées à l’AFP.

À Manille, le Mall of Asia illustre cette stratégie. Les panneaux n’y servent pas seulement à produire de l’électricité. Ils forment aussi des pergolas qui protègent les clients du soleil, dans une métropole marquée par la chaleur, l’humidité et une forte demande de refroidissement. Pour les exploitants, chaque kilowattheure produit sur place réduit l’exposition aux tarifs élevés du réseau.

Frederic DyBuncio, président-directeur général de SM Investments Corp, a expliqué que l’objectif principal restait l’économie d’énergie. Les autres grands groupes suivent la même logique. Robinsons met en avant 28 centres commerciaux alimentés par le solaire, tandis qu’Ayala dispose d’installations sur 13 sites. Le choix des toitures réduit les délais de foncier et limite les conflits d’usage avec l’agriculture ou le logement.

Cette dynamique s’inscrit dans une évolution plus large du marché asiatique. Les panneaux importés coûtent moins cher qu’il y a quelques années, pendant que les prix de l’électricité restent élevés aux Philippines, en partie en raison de la dépendance aux combustibles importés. Les tensions au Moyen-Orient ont renforcé cette vulnérabilité, avec des effets rapides sur les coûts supportés par les consommateurs.

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Pour les centres commerciaux, la logique financière est directe. Les installations fonctionnent aux heures où la demande est forte, notamment en milieu de journée, quand les climatiseurs tournent à plein régime. Le solaire sur toiture ne remplace pas totalement le réseau, mais il réduit la facture et améliore la prévisibilité des charges dans un secteur où les marges dépendent aussi de la fréquentation.

Centre commercial philippin équipé de panneaux solaires sur son toit
Les centres commerciaux philippins utilisent leurs vastes toitures pour produire une partie de leur électricité.

Sherwin Gatchalian cible les permis et la TVA solaire

Le développement chez les particuliers reste freiné par les démarches administratives. Le président du Sénat philippin, Sherwin Gatchalian, a dénoncé en juin la lourdeur des permis imposés aux projets de toiture. Il plaide pour une procédure plus rapide et plus simple, afin d’éviter que les ménages prêts à investir ne renoncent devant les délais, les formulaires et les validations successives.

Les installateurs tiennent un discours similaire. Jose Rafael Mendoza, président de la Philippine Solar and Storage Energy Alliance, estime que le public n’a plus besoin d’être convaincu sur l’intérêt du solaire. La demande existe, portée par des factures élevées et par la visibilité croissante des installations dans les quartiers urbains. Le point de blocage concerne davantage le coût initial et la réglementation.

La fiscalité constitue l’autre sujet sensible. Les professionnels demandent la suppression ou l’allégement de la TVA sur certains équipements, qu’ils jugent pénalisante pour les foyers modestes et les petites entreprises. Même avec des panneaux moins chers, une installation complète exige un investissement important, surtout lorsqu’elle inclut un onduleur performant, une batterie ou une mise aux normes du branchement électrique.

Les gains mensuels varient fortement selon la taille du toit, l’ensoleillement, la consommation et les règles de rachat d’électricité. Certains installateurs évoquent des économies de 5 000 à 8 000 pesos par mois pour des foyers équipés, mais ces montants ne concernent pas tous les profils. Les logements très climatisés et occupés en journée ont davantage à gagner que les petits appartements faiblement consommateurs.

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Le boom solaire pose aussi une question technique au réseau philippin. Plus les installations se multiplient, plus la coordination entre production, stockage et distribution devient nécessaire. Les batteries domestiques restent coûteuses, mais elles attirent l’attention dans les zones exposées aux coupures. Les décisions attendues sur les permis et la fiscalité pèseront donc sur la vitesse réelle du déploiement dans les prochains mois.

Foyer philippin consultant sa facture avec un système solaire domestique
Chez les particuliers, les économies dépendent de la consommation, du coût d’installation et des règles locales.

Questions fréquentes

Pourquoi les Philippines se tournent-elles vers le solaire sur toiture ?
Le pays combine des tarifs d’électricité élevés, une forte demande de climatisation et des panneaux devenus moins coûteux. Les toitures permettent de produire localement sans mobiliser de nouveaux terrains.
Quels freins ralentissent les installations solaires chez les particuliers ?
Les principaux obstacles sont les démarches de permis, le coût initial des équipements, la TVA et le prix des batteries. Ces facteurs allongent le délai de retour sur investissement pour de nombreux foyers.

À retenir

  • Les factures élevées accélèrent l’adoption du solaire sur toiture aux Philippines.
  • SM Group exploite plus de 200 000 panneaux sur ses centres commerciaux.
  • Les permis et la TVA restent les principaux freins pour les ménages.
  • Les économies dépendent fortement du profil de consommation et du stockage.
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