NanoXplore, PME française spécialisée dans les puces durcies aux radiations pour le spatial, revient dans l’actualité après le sujet diffusé le 4 septembre dans l’émission French Tech sur BFM Business, présenté par Anthony Morel et relayé par Orange Actualités. L’entreprise, positionnée sur un segment très stratégique, a levé 20 millions d’euros pour accélérer face aux industriels américains et répondre aux besoins européens en satellites, défense et souveraineté numérique.
NanoXplore lève 20 millions d’euros face aux acteurs américains
La levée de fonds de 20 millions d’euros donne à NanoXplore des moyens supplémentaires dans une industrie où les cycles de développement sont longs, coûteux et fortement encadrés. Les composants destinés au spatial ne se conçoivent pas comme des puces grand public. Ils doivent fonctionner pendant des années en orbite, supporter des radiations intenses et garantir une fiabilité élevée dans des systèmes où la réparation est impossible.
La société française s’est spécialisée dans les FPGA, ces circuits programmables capables d’être adaptés à différents usages après leur fabrication. Dans le spatial, cette souplesse permet de concevoir des ordinateurs de bord, des systèmes de contrôle ou des équipements de communication pour satellites. Le marché reste étroit en volume, mais son importance industrielle dépasse largement sa taille commerciale.
L’histoire de NanoXplore illustre aussi la fragilité de certaines briques technologiques européennes. En 2013, Édouard Lepape rejoint l’entreprise familiale issue des services électroniques. L’un de ses principaux clients décide alors d’arrêter le développement d’un composant FPGA pour le spatial, domaine dans lequel la société fournissait une brique logicielle. Ce retrait ouvre un espace industriel risqué, que la PME choisit d’occuper au lieu de se limiter à son rôle de fournisseur.
Ce positionnement place désormais NanoXplore face à des groupes américains puissants, longtemps dominants sur ces composants sensibles. Pour la France et l’Europe, l’enjeu dépasse la performance technique. Disposer d’une source locale réduit les dépendances dans les programmes spatiaux, limite les contraintes d’exportation et sécurise l’accès à des pièces critiques pour des missions institutionnelles ou commerciales.
La levée de fonds doit soutenir l’industrialisation, le recrutement d’ingénieurs spécialisés et la montée en capacité. Dans ce secteur, le financement privé complète souvent les commandes publiques et les partenariats industriels, car la rentabilité arrive lentement. Les clients examinent les composants sur plusieurs années avant de les intégrer à des plateformes orbitales.

La défense complète les satellites Galileo et Copernicus
Les puces de NanoXplore intéressent directement les programmes spatiaux européens, notamment Galileo pour la navigation et Copernicus pour l’observation de la Terre. Ces infrastructures reposent sur des satellites capables de fonctionner dans un environnement hostile, avec des exigences de sécurité, de stabilité et de disponibilité très élevées. La moindre défaillance électronique peut fragiliser une mission entière.
Depuis 2025, l’entreprise tente de se diversifier dans la défense, un mouvement cohérent avec l’évolution du contexte géopolitique. Les armées utilisent de plus en plus de systèmes spatiaux pour les communications sécurisées, le renseignement, la surveillance maritime ou le guidage. Les mêmes qualités recherchées dans l’espace, résistance, fiabilité et maîtrise de la chaîne d’approvisionnement, deviennent centrales dans les équipements militaires.
Cette diversification ne signifie pas un abandon du spatial civil. Elle traduit plutôt une convergence entre satellites institutionnels, besoins militaires et infrastructures critiques. Les industriels européens cherchent des composants disponibles sans dépendre de licences étrangères complexes. Dans les appels d’offres, la provenance des technologies prend une place accrue, au même titre que le coût, la performance et la capacité de production.
Un partenariat annoncé avec Thales Alenia Space a déjà confirmé l’intérêt de grands donneurs d’ordre pour des processeurs français destinés aux plateformes spatiales. Pour une PME, l’accès à de tels clients constitue un signal important, mais il impose aussi une discipline industrielle stricte. Qualification, traçabilité, documentation technique et respect des calendriers deviennent des critères aussi déterminants que l’innovation.
Le cas NanoXplore montre la place particulière occupée par certaines PME de la French Tech. Loin des applications grand public, elles travaillent sur des composants invisibles pour les utilisateurs, mais essentiels aux réseaux satellitaires, aux données climatiques ou aux communications sécurisées. Leur développement dépendra de leur capacité à transformer une avance technologique en production régulière, dans un marché où la confiance se construit mission après mission.

Questions fréquentes
- Que fabrique NanoXplore pour le secteur spatial ?
- NanoXplore conçoit des puces FPGA durcies aux radiations, utilisées dans des équipements embarqués à bord de satellites. Ces composants programmables servent notamment aux ordinateurs de bord, aux systèmes de contrôle et aux communications spatiales.
- Pourquoi la levée de 20 millions d’euros est-elle importante ?
- Ce financement doit aider l’entreprise à renforcer son industrialisation, recruter des profils spécialisés et soutenir des cycles de qualification très longs. Dans le spatial, les clients exigent des composants fiables sur plusieurs années avant toute intégration en orbite.
- Pourquoi la défense s’intéresse-t-elle à ces puces ?
- Les systèmes militaires utilisent de plus en plus les satellites pour communiquer, observer et sécuriser des opérations. Des composants maîtrisés en Europe réduisent les dépendances extérieures et facilitent l’accès à des technologies critiques.
À retenir
- NanoXplore a levé 20 millions d’euros pour accélérer son développement industriel.
- La PME française conçoit des puces FPGA résistantes aux radiations spatiales.
- Galileo, Copernicus et la défense figurent parmi les marchés stratégiques visés.
- La souveraineté électronique européenne renforce l’intérêt pour ces composants.
Sources
- French Tech : NanoXplore, la PME française des puces …
- NanoXplore, PME française des puces pour le spatial et la …
- NanoXplore : le petit poucet français des puces spatiales lève 20 millions d’euros pour défier les géants américains
- Des puces françaises pour l'industrie spatiale européenne
- French Tech: Startups, AI & Funding | The French Tech Journal




