Le prix du gazole reste sous forte pression en France, malgré un baril de brut redescendu sous le seuil des 100 dollars. Selon les informations rapportées par Les Echos, la hausse récente tient surtout à l’envolée des marges de raffinage, dans un marché mondial du diesel fragilisé par les attaques visant des installations russes et les tensions persistantes dans le golfe Persique.
TotalEnergies maintient son plafond face au gazole à 2,20
La situation à la pompe ne suit plus seulement la trajectoire du pétrole brut. Pendant longtemps, le baril servait de repère principal aux automobilistes comme aux analystes. Désormais, l’écart entre le prix d’achat du brut et le prix des produits raffinés pèse davantage sur la facture. Les marges de raffinage sont devenues l’un des moteurs de la hausse.
Cette évolution explique pourquoi le gazole peut rester cher alors que le pétrole brut a reculé. Le raffinage transforme le brut en carburants utilisables, diesel, essence ou kérosène. Quand les capacités disponibles se tendent, les raffineries facturent plus cher leurs produits, même si la matière première ne progresse pas dans les mêmes proportions.
Interrogé sur France Inter au sujet d’un litre de diesel proche de 2,20 euros, Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a répondu que, pour l’instant, le marché était engagé dans cette direction. Le dirigeant avait déjà évoqué, lors de la Rencontre des Entrepreneurs de France du Medef, le maintien du plafonnement des prix dans les stations du groupe.
Pour les ménages, cette mécanique reste difficile à lire. Une baisse du baril ne produit pas forcément un recul immédiat à la pompe, car les distributeurs achètent des produits raffinés soumis à leurs propres tensions. Les taxes, le transport, les stocks et la concurrence locale ajoutent d’autres écarts entre les stations-service.
Les professionnels du transport routier surveillent aussi ces niveaux. Le diesel reste central pour les poids lourds, les véhicules utilitaires et de nombreuses activités agricoles. Une hausse prolongée renchérit les coûts logistiques, avec des répercussions possibles sur les prix de nombreux biens de consommation.

Les raffineries russes attaquées resserrent l’offre mondiale de diesel
Le marché international du diesel subit une contrainte supplémentaire depuis la multiplication des frappes contre des sites énergétiques russes. Les Echos citent notamment une attaque de drones ukrainiens visant, le 18 juin près de Moscou, une raffinerie de Gazprom Neft. Ce type d’événement réduit la visibilité des acheteurs et pousse les intermédiaires à intégrer une prime de risque.
La Russie demeure un acteur important des produits pétroliers, même si les flux ont été réorganisés depuis le début du conflit. Quand des raffineries russes ralentissent ou interrompent leur activité, les cargaisons disponibles se raréfient sur certains marchés. Les acheteurs européens, asiatiques ou méditerranéens se reportent alors vers d’autres fournisseurs.
La tension ne vient pas seulement de la Russie. Les inquiétudes dans le golfe Persique, zone majeure pour les exportations d’hydrocarbures, entretiennent la nervosité des opérateurs. Les navires, les assureurs et les négociants ajustent leurs tarifs dès que le risque géopolitique augmente, car un retard d’approvisionnement peut suffire à déséquilibrer un marché déjà serré.
Les raffineurs profitent de ce contexte, sans forcément augmenter leurs volumes. Leur marge grimpe lorsque la demande de diesel reste soutenue et que l’offre de produits raffinés devient plus rare. Avant le conflit, certains indicateurs de marché plaçaient la marge autour de quelques dizaines d’euros par tonne. Des pics beaucoup plus élevés ont été observés lors des précédentes phases de tension.
Pour la France, l’évolution des prochaines semaines dépendra des stocks, de la demande de rentrée et de la capacité des raffineries mondiales à fonctionner sans interruption majeure. Les pouvoirs publics disposent d’outils limités face à une hausse venue du marché international, tandis que les distributeurs cherchent à préserver leur fréquentation dans un contexte social sensible.

Questions fréquentes
- Pourquoi le gazole reste-t-il cher alors que le pétrole brut baisse ?
- Le prix du gazole dépend du brut, mais aussi du raffinage, du transport, des taxes et des stocks. Quand les marges des raffineries augmentent fortement, la baisse du baril ne se répercute pas entièrement à la pompe.
- Quel rôle jouent les attaques contre les raffineries russes ?
- Ces attaques réduisent la visibilité sur les volumes disponibles et renforcent la prime de risque sur le diesel. Les acheteurs se reportent vers d’autres fournisseurs, ce qui entretient la tension sur les prix.
- Le plafonnement de TotalEnergies suffit-il à faire baisser les prix ?
- Le plafonnement peut limiter la facture dans les stations concernées, mais il ne modifie pas les prix internationaux des produits raffinés. Son effet dépend donc du niveau de marché et de la concurrence locale.
À retenir
- Le gazole reste cher malgré un baril sous 100 dollars.
- Les marges de raffinage expliquent une partie majeure de la hausse.
- TotalEnergies maintient un plafonnement dans ses stations.
- Les attaques contre des raffineries russes tendent l’offre mondiale.




